« Mais où va donc la mer quand elle se retire? »

Posté par le fév 5, 2013 dans Revue de presse | Pas de commentaires

Ouest France – Avril 2011

Avec un coefficient 118, aujourd’hui et demain, la mer ne descend jamais aussi bas. Balade avec Yann Perraud de Sensations littoral et 40 curieux, sur la plage de Saint-Malo, hier après-midi.

Le beau temps a amené beaucoup de gens à la ballade découverte du littoral, hier après-midi, à Saint-Malo.

« Quand la mer est basse à Saint-Malo, elle est haute à New-York ? » « La terre devient ovale ? » « Elle s’évapore ? » « Elle passe de l’autre côté de la planète ? »  » Elle reste au milieu ?« … Pas si évident que cela de répondre à ces questions. Mais Yann Perraud, le guide naturaliste a voulu ménager le suspens.

Cette balade-décuverte du littoral était organisée par l’office du tourisme et animée par ce responsable de l’association Sensations littoral. « L’an dernier nous avons accueilli 5000 personnes, et depuis janvier 2000« , souligne-t-il. Hier, le groupe est parti de la plage de l’Eventail, jusqu’au Fort national et la plage du Môle.

De 5 à 75 ans

« Qu’est-ce qui vit sur l’espace des grandes marées ?  » lance-t-il à son public, âgé de 5 à 75 ans. A l’étage le plus haut, où la mer ne vient pas tous les jours, Yann montre une balane  » qui ressemble à un chapeau chinois« . Ce crustacé s’est collé sur le mur de la digue lorsque la mer est montée. « Pour survivre, elle se referme sur elle-même« .

En face, sur les brise-lames, des littorines se gavent, elles, de petites algues vertes sur le bois. « Déjà, tout un petit équilibre se fait ici« . Ravie, Sylviane, du Mans, appareil photo autour du coup, note sur un petit carnet ces noms inconnus. « C’est toujours intéressant d’apprendre des choses« , dit cette institutrice en week-end, qui compte bien en parler à des petits élèves.

« Du caca de sable« 

Un peu plus bas, c’est l’étage de tous les jours, « celui du milieu« , précise le guide. Des milliers de vers sous-marins vivent dans le sable, là où il y a « du caca de sable« , dit une petite fille. « Parce que le ver avale le sable qui tombe sur lui et le recrache« , répond Yann. En face du Fort national, sur les rochers, les berniques, les moules ou les crabes verts se découvrent aussi. Très intriguée par les berniques, Catherine demande si cela se mange. « Je suis de Haute-Savoie, je ne connaît pas la mer« , se justifie-t-elle. « Non, pas vraiment, sauf en Vendée« , plaisante le naturaliste, qui demande de ramasser tout ce qui vit au dernier étage, le plus bas.

« En veillant à remettre les pierres au même endroit, Sinon, toutes les bêtes qui vivent dessus vont mourir« . Quelques gobies, tourteaux, crépidules, crabes porcelaine… plus tard, Yann Perraud donne alors la réponse à « où va la mer quand elle basse ? » « Nulle part« , sourit-il. Pour faire simple, « la mer ne bouge pas, C’est le soulèvement de l’eau, puis le fait qu’elle retombe, qui donne naissance à l’onde des marées« .

 

Nadine PARIS